Categories

archive Block
This is example content. Double-click here and select a page to create an index of your own content. Learn more.


Authors

archive Block
This is example content. Double-click here and select a page to create an index of your own content. Learn more.
L'intimidation

L'intimidation

L'Ossau-Iraty sur le rayon de fromage au supermarché.

Il n’y a pas longtemps, j’étais complètement intimidé par le fromage.

Grâce à un contrat d’expatriation, j’ai vécu en France entre 2009 et 2012. En arrivant, j’ai trouvé que le fromage en France semble comme le froid dans l’Antarctique : partout et inévitable. On mange le fromage à n’importe quelle heure le matin, le jour, et le soir, en entrée, sur un plat principal, et/ou pour le dessert. On est obligé de rencontrer le fromage. Donc bien que l’opportunité ne me manquait pas, la motivation était moins évidente. Pour découvrir de fromage, il m’a fallu surmonter deux obstacles, chacun intimidant : la langue étrangère et les « effets physiologiques ». 

Malgré une excellente fromagerie cinq minutes de l’appart, nous avons acheté notre premier bout de fromage en France de chez Franprix. C’était l’Ossau-Iraty, un fromage de brebis légèrement piquant du pays basque qui reste toujours un de nos fromages préférés. Alors pourquoi au Franprix ? Cela me permettait de choisir sans aucune interaction (sauf à la caisse) et de donc éviter l’embarras occasionné par le fait que je ne pouvais ni communiquer ce que je voulais ni combien. Obstacle n° 1.

Il m’a pris neuf mois pour sentir à l’aise en français et du coup m’aventurer à la fromagerie près de chez nous. Y entrant, je me suis rendu compte immédiatement que je n’étais pas du tout préparé.

Pour toute ma vie, je n’ai que rencontré un seul type de fromage : celui sous plastique, fermé hermétiquement, plein d’agents de conservation. Il peut se présenter en bloc ou tranché. Au Franprix, je me sentais plus ou moins à l’aise. Mais à la fromagerie j’étais confronté par une centaine de variétés, agréablement rangées, des formes et tailles que je n’ai jamais vu, rien d’entre eux fermé hermétiquement, dans une magasin qu’à mon avis semblait insuffisamment climatisée. L’odeur, étrange et fort, m’a agressé. Je me suis dit « Surement mes craintes sont justifiées ! Aucune chance d’éviter la détresse gastro-intestinale ! » Obstacle n° 2. 

Heureusement il n’y avait pas de souci. J’ai pu commander. En fait, le personnel, en voyant mon intérêt, était ravi de m’amener à chaque coin du magasin et de m’introduire aux saveurs toutes neuves. Aussi remarquable, voire miraculeux je pensais à l’époque, était que je n’ai aucun eu mal à l’estomac. (Voilà, la preuve que les produits naturels, sans conservateurs, font du bien et ont un meilleur gout !) Bref, après la première visite je suis devenu accro ! 

À la fin de mon expatriation et de retour aux Etats-Unis, je me suis rendu compte que j’avais eu un regret, à savoir je n’ai pas fait assez d’attention aux détails, c’est-a-dire les caractéristiques, les origines etc. Oui il y avait quelques noms que je rappelais, mais étant trop impressionné à chaque visite, après trois ans quand même je n’avais pas acquis une vraie connaissance du monde de fromage. Cela me semblait important. Un ami m’a dit une fois : « N’oublie jamais que la France est un pays de terre. » Chaque produit est unique grâce à son terroir, l’alchimie du climat, de la terre, des plantes et des bétails. Mélanger la culture des gens qui y habitent et la façon de faire et fabriquer, et voilà, on profite des gouts et saveurs qui, pour moi en tant d’américain, étaient auparavant inimaginables.

Notre retour en France me donne la chance, tellement rare, de faire amende honorable dans cet égard. J’ai l’opportunité et, volontiers, la motivation de devenir un amateur dans tous les sens. 

J’espère que vous aimez le site.

Fromage

Fromage

L'Ossau-Iraty

L'Ossau-Iraty