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Quand la passion et l’engagement ne suffisent pas

Quand la passion et l’engagement ne suffisent pas

La plupart d'entre nous traversent la vie selon un modèle assez semblable. On fait ses études jusqu’à un certain niveau de scolarité, puis on décide s’embarquer sur un chemin, un métier, pour faire ce que l’on appelle sa « carrière ». On passe les années en acquérant de l'expérience et des plus amples responsabilités et, on espère, de plus grande rémunération.

Il y a des moments dans sa vie professionnelle où les jours et les semaines, voire les années, filent. Cela se produit généralement lorsque nous sommes assez contents à la fois professionnellement et personnellement. Il y a aussi des périodes où le rythme est plus lent et laborieux. Cela se produit généralement lorsque la vie devient cahoteuse, soit professionnellement soit personnellement. On se retire dans la frustration ou la désillusion. Parfois on commence à réfléchir sur les changements éventuels pour remettre les choses sur la bonne voie.

Il y a environ dix ans, malgré que ce fût une période assez confortable de ma vie, j'ai commencé cette réflexion. Je me suis interrogé : fermerai-je les yeux pour me réveiller quelque 20 ans à l'avenir dans la même maison et le même boulot ? Est-ce ce que je souhaite ? La réponse était carrément non, mais à l'époque je ne comprenais vraiment pas quoi faire à ce titre. Mais ces réflexions se sont finalement traduites par une série de changements qui ont abouti à mon emménagement définitif en France.

Plus récemment, j’ai réfléchi à un autre changement aussi important que celui d'auparavant. Bien que j'aie apprécié ma carrière de 20 ans dans le secteur des études de marché, ma passion d'un nouveau sujet (le fromage, bien entendu !) m'a amené à peser un changement de métier. Pourrais-je devenir un fromager ?

En qualité de chercheur, il est inscrit dans les gènes que je me renseigne lorsque je dois prendre une décision. J'ai commencé à recueillir des données sur ce que ce changement signifierait sur le plan éducatif et financier. J'ai cherché des conseils des pros. Je me suis inscrit à une formation professionnelle. J'ai été tellement stimulé par les défis comme je ne l'étais pas depuis des années. Je pourrai le faire !

Pourtant, en dépit de ma propre passion et de l'encouragement que j'ai reçu des autres, je suis parvenu à la conclusion que ce n'est pas le bon moment de faire ce changement.

Je vous dis que je suis énormément déçu sur un point. J'ai aimé chaque seconde de ma brève introduction au monde professionnel de fromage. Combien de personnes charmantes avais-je rencontré ! L’expérience m’a rappelé que j’adore apprendre de nouvelles choses et d'échanger avec des gens qui partagent la même passion. J'aurais aimé avoir une relation plus profonde avec cette communauté.

Mais c'est aussi un soulagement de multiples façons. Il y aurait été d'énormes inconnues dans le plan et beaucoup dépendrait de la bonne fortune. Connaître un succès, c’est-à-dire gagner ma vie d’une façon moyennement comparable à la situation actuelle, voudrait comprendre un chemin sûrement long et dur. Je pourrais bosser pendant des années et finalement ne pas y arriver. La transition, j’estimais, serait d'au moins deux ans. Dans l'intervalle, j'aurais dû trouver parfois du travail ponctuel (ce qui serait difficile et me détournerait de ce nouvel effort) ou être forcé de dévaliser notre épargne. J'aurais eu besoin de puiser dans des réserves énormes de discipline personnelle, de patience et surtout de tolérance et de compréhension de la part de ma famille.

Ainsi, après quelques franches discussions avec les amis et la famille et un débat intérieur, j'ai décidé que, pour l'instant, je ne serai qu’un amateur de fromage dans les deux sens : non professionnel et grand fan. Ce que cela signifie aussi, c'est que je dois mettre le blog au second plan. Pendant un certain temps vous verrez moins d'articles, et j'ai besoin de suspendre la newsletter tandis que je mets mon attention à mon métier actuel. Bien que je n’aie pas définitivement écarté être un fromager, je sais que le plus sûr est de me redédier à mon métier actuel et de chercher de grandes opportunités qui, après quelques années, m'aideraient à atténuer les nombreux risques.

Suis-je d'accord avec cela ? Oui. Bien que le romantique en moi soit un peu ému, je sais que c'est la bonne décision. Lorsque l’on s’embarque dans une nouvelle aventure, il faut trois choses : la passion, un plan, et la discipline pour exécuter le plan. Mais comme tout bon stratège vous le dira, il y a un point où on est obligé de consciemment décider d’appuyer la détente et de s'engager pleinement. On prend la décision en pesant ses actifs et passifs et les risques. Son cœur peut jouer un rôle, mais quand sa tête se dit fortement « non », on doit l’écouter.

Je suis quand même content de la décision pour une autre raison. J'ai également conclu qu’effectivement j'ai réalisé mes intentions originales que j’avais imaginé quand j'ai commencé le blog. Je suis devenu un amateur, voire plus car j’ai une solide connaissance sur le fromage qui a pris une place particulière dans ma vie. Maintenant, libéré du besoin de transformer cette passion en entreprise, je peux continuer à explorer les fromages et les fromagers de France par pur plaisir.

Je vous remercie sincèrement de votre soutien. À bientôt.

Fromage

Le St Nectaire fermier et la ferme Auriel

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